3 - PROJET de Titre Professionnel ECSR (TP - ECSR)

Enseignant (Enseignante) de la Conduite et de la Sécurité Routière

Dans Réglementation professionnelle, le 30 novembre 2015

Communication , enseignant de la conduite automobile et de la sécurité routière

Tout peut paraître beau et "ficelé", mais, sommes nous certains de ce qui va se présenter à notre profession dans les mois à venir ? Avons-nous encore du travail (du chemin) à réaliser ? Voici le "IN" et le "OFF" de cette réunion.

Partie 3 :

Particularité de notre profession : La formation de préparation au Titre Pro va rester sous tutelle de l’Intérieur.

Si le Titre ECSR va bien être géré par le ministère du travail, le ministère de l’intérieur conserve sa mainmise sur la formation.

Les titres et diplômes de France relèvent de textes en lien avec les autres pays européens.

Aussi, le titre devra être accessible à tout organisme européen qui voudrait s’installer en France pour former les futurs enseignants de la conduite et de la sécurité routière.

Cela n’empêche pas de "verrouiller" les agréments afin d’éviter que n’importe qui entre dans la "vente" de ces actions de formations.

On peut supposer que certaines règles déjà connues seront reconduites :

  • Le Centre de Formation devant obtenir un agrément par sa préfecture ;
  • Rien n’oppose le centre de formation aux centre valideur du Titre Pro :
    • La formation et la validation pouvant être réalisées dans le même lieu
    • La formation et la validation pouvant être réalisée dans des lieux différents.
  • Les locaux devront être agréés ERP [1] accessibles aux personnes handicapées (même si le contrôle relèvera peut-être d’un autre service ou d’une autre administration.
  • Les locaux devront être conformes aux ERT [2] pour satisfaire aux règle du code du travail, notamment en terme d’hygiène et de sécurité.
  • Les responsables d’établissements devront encore prouver qu’ils ont bien la "capacité à exercer" la conduite d’un tel établissement ;
  • Les formateurs continueront
    • à devoir être formés eux-mêmes, à accroître leur savoirs, etc.
    • à prouver leur compétences par de l’expérience et des certificats (diplômes ou titres)
    • à répondre aux exigences de tout enseignant, en matière de probité, de responsabilité et de respect des adultes qu’ils ont à former.

Bref, tout change et tout continue ??

En fait, la réunion de la semaine passée a montré que le "système" tourne rond ! La profession a proposé un cursus de formation et un projet de validation.

Le ministère du travail a confié la tâche à des ingénieurs de l’AFPA spécialisés dans le domaine des titres pro et dans la mise en œuvre des validations. De plus, l’ingénierie de l’AFPA fonctionne (dans ce cas) avec des financements nationaux et européens.

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Un titre qui va mettre les futurs enseignants au-dessus de certains de leurs formateurs en matière de niveau ...

Si le titre sera bien homologué au niveau III, il devra conserver son inscription au RNCP par la réalisation de validations en nombre suffisant, ET surtout par la conformité des actions face aux enjeux souhaités par l’administration et la profession.

Extrait document ONISEP :

Niveau III

Diplôme de niveau bac+2 : DUT, BTS, écoles des formations sanitaires ou sociales…

La qualification de niveau III correspond à des connaissances et des capacités de niveau supérieur, sans toutefois comporter la maîtrise des fondements scientifiques des domaines concernés. Les capacités et connaissances requises permettent d’assurer de façon autonome des responsabilités de conception, d’encadrement et de gestion.

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Une histoire de sous ....

La profession devra montrer qu’elle est en capacité de maintenir le cap. Cela passe par un auto-contrôle des actions de formation et des validations qui devra correspondre aux contrôles externes. Toute cette "mécanique" de certification est onéreuse et chacun devra porter la main à la bourse.

Tout d’abord, il nous faudra former les intervenant des formations à ce système de titre pro, basé sur les compétences professionnelles et non plus seulement sur les connaissances et savoir faire seulement.

La profession devra montrer aussi qu’elle est suffisamment solidaire pour financer la participation des membres du jury à chacune des sessions ; Sans cette "compensation, les jurys s’écarteront rapidement de cette tâche qui, bien qu’elle développe une richesse intellectuelle, ne doit pas "coûter" financièrement.

Le renouvellement permanent des jurys, leur formation obligatoire, leurs absences de leur travail pour aller valider de futurs enseignants (qui seront pour certains de futurs concurrents).

La profession devra aussi accepter les élèves-tests venant d’un autre établissement et indispensable aux séances d’animation en salle et en véhicule. Il nous faudra les prendre en charge, car certains seront mineurs.

Lors de la réunion, il semblerai que l’administration ne soit pas certaine de notre capacité à absorber toutes ces charges nouvelles. Aussi, les CCS Deux-Roues et Groupe Lourd ne seraient pas mis en œuvre dès le début ...

Pire, les CCS ne seraient pas accessibles avant 3 années !

Si certains ont crié au scandales, d’autres auraient la certitude que cela va fonctionner et bien. Certains que la profession sera suffisamment forte pour financer via l’ANFA (peut-être) les déplacements et interventions des membres de jury.

Solution intermédiaire : Permettre aux titulaires du nouveau titre pro ECSR d’accéder aux mentions deux-roues ou groupe lourd telles qu’elles existent aujourd’hui. Mais, certains ne voient pas la cohérence du projet !

Alors, quel avenir pour la pérennisation de notre projet ?

Quelle sera la réaction des OPCA qui acceptent de financer la formation des futurs enseignants actuellement, lorsqu’elle s’inscrit dans un projet professionnel cohérent (exemple un ancien routier qui souhaite devenir formateur du groupe lourd) ? Si le financement externe ne concerne que le titre de base dans les premières années, cela implique que les entreprises de la formation du conducteur devront financer directement la qualification spécialisée (CCS Groupe Lourd) !

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Une vocation pédagogique ambitieuse ....

Nous allons devoir pour certains d’entre nous, nous adapter au changement de vocabulaire.

  • On ne dit pas "examen" mais "validation"
  • On parle de compétences professionnelles : Celles qui servent directement pendant le travail de chacun.
  • On ne dira pas "contrôle pédagogique", mais "contrôle administratif" par un agent de la DIRECCTE et/ou de la DIRECCTE-UT qui a une formation d’inspecteur du travail et qui en un clin d’œil voit l’erreur de sécurité, ce qui va gêner le futur salarié à pérenniser son emploi parce qu’il risque l’accident dans ses comportements.
  • On parlera d’Activité Type au lieu d’étape de formation.
  • Nous accepterons l’auto validation de nos stagiaires lorsqu’ils renseigneront leur DSPP de l’AT2 en vue de l’obtention du CCP 2.

Chacun des futurs enseignants de la conduite devra être capable de s’adapter à un binôme de jury pendant les entretiens techniques ; Il faut respecter les durées prévues et rester dans le contenu imposé dans le Référentiel de Certification (qui est juridiquement une annexe à l’arrêté de spécialisation du titre pro.

Pour la seconde Activité Type, le formateur devra maitriser les éléments de projet dans l’animation. Et il faudra parvenir à l’assimilation la plus complète de la part des apprenants qui auront à argumenter la description de leur projet réalisé pendant l’alternance dans un établissement lié à la sécurité routière.

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Et pour conclure cette série d’articles :

Par contre, le résultat devrait être un formidable outil de développement de notre profession. Au moins à la hauteur de nos homologues européens.

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[1] ERP = Établissement Recevant du Public

[2] ERT = Établissement Recevant des Travailleurs


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