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Loi Macron : et maintenant le Sénat !

18 février 2015


Si l’adoption à l’Assemblée Nationale de la Loi Macron par la procédure dite du 49-3 en a surpris plus d’un, cela ne met pas un terme, loin de là, aux combats que nous devons mener pour obtenir des amendements aux éléments de l’article 9 qui désorganisent l’exercice de notre profession.

L’utilisation du 49-3 ne change en rien le devenir de ce projet de Loi, car il s’agit toujours d’un projet de Loi qui ne deviendra définitif qu’après sa navette devant le Sénat, et sa discussion en commission mixte paritaire si besoin. La route est encore longue, et nombreuses les occasions de faire valoir nos arguments devant les sénateurs et les députés.

Les organisations syndicales vont donc devoir poursuivre leur travail de lobbying auprès des différentes forces politiques de notre pays afin de faire valoir la justesse de nos arguments (maintien de l’obligation de local avec une surface minimum, évaluation en présence du futur élève conducteur et d’un formateur, maintien des 20 heures minimum). Elles auront aussi également à faire valoir l’ensemble de leurs arguments sur le rôle de notre profession dans la politique de sécurité routière.

Mais la volonté de faire évoluer le système formation/examen du permis de conduire est manifeste. Elle répond aux souhaits de la population qui est exaspérée par les lenteurs et les lourdeurs.

Soyons réalistes. Si les contenus de formation, les compétences mises en oeuvre par nos élèves ont profondément évolué (positivement) au cours des années, la structure même de notre profession n’a, elle, que très peu évolué.

Certes, sa faible rentabilité économique ne permet pas à la plupart des entreprises de capitaliser, d’investir dans les moyens et dans les femmes et les hommes qui y travaillent. Certes, en maintenant une forte tutelle, et en réglementant la pédagogie, l’Etat a contribué à étouffer toute innovation. Certes, la problématique des places d’examen a pollué l’ensemble des débats.

Mais au-delà de ces (bonnes) raisons, l’acharnement de certains à vouloir rester indépendants, des comportements très éloignés de ceux de l’entrepreneur qui privilégient le profit à court terme, l’incapacité à s’organiser et à coopérer entre professionnels n’ont pas non plus facilité la mise en place d’un secteur économique solide.

Le projet de Loi Macron et ses amendements ont eu au moins un mérite. La profession a pris conscience que rien en sera jamais plus pareil. Souhaitons que la profession sache transformer cette menace en opportunité en se posant les bonnes questions.


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